Pourquoi tant de mutations ?

Quand on pense « famille de militaire », on pense inévitablement « déménagement » et donc mutation. C’est le lot de tout militaire au cours de ses années de service. Cette fréquence peut néanmoins varier d’un militaire à l’autre, selon – notamment – sa spécialité, sa carrière et son grade.

En moyenne les sous-officiers sont mutés tous les 6-8 ans, les officiers tous les 2-4 ans, et seuls les militaires du rang sont un peu épargnés par ce fonctionnement.

Mais d’où vient cette obligation de mutation ?

Si l’on se réfère au code de la défense, le statut de militaire impose une « disponibilité en tout temps et en tout lieu ». Cette obligation s’applique bien entendu pour les départs en mission ou en OPEX, mais elle trouve également son application dans les mutations : puisqu’il est disponible en tout lieu, il doit pouvoir bouger selon les besoins de l’Armée.

Pourquoi l’Armée y est-elle tant attachée ?

Certes, mutation sous-entend déménagement et donc prise en charge financière par l’institution. Ce qui pourrait apparaître comme des surcoûts évitables par l’armée. Pourtant, malgré cet aspect, l’armée y trouve son intérêt. Nous vous expliquons pourquoi.

Les arguments de l’armée :

  • Le passage par des affectations très différentes est indispensable pour progresser dans son parcours professionnel (régiment, états-majors, administrations centrales) ;
  • Certaines affectations sont peu demandées (ex : Paris, camps militaires) donc tout le monde doit faire au moins une fois sa Bonne Action et y passer un jour ;
  • Cela permet de répondre précisément aux besoins de l’armée qui ajuste en permanence la répartition de son personnel, en fonction des effectifs utiles à chaque unité, des compétences de chacun.

Cela va t’il évoluer à terme ?

En effet, les mutations sont un réel sujet pour l’armée, notamment car le célibat géographique se multiplie et que cela peut constituer un frein à la progression de carrière des militaires. L’armée se penche sur le sujet et le considère sérieusement. Une première étape a été franchie récemment, en 2021. En effet l’armée déploie et expérimente « la mobilité rénovée ». elle doit faciliter le dialogue entre le militaire et ses gestionnaires et pourrait réduire le nombre de mutations, particulièrement pour les sous-officiers. Néanmoins, cela ne va pas changer considérablement la donne puisqu’à priori les mutations devraient passer de 13 500 à environ 12 500 par an.

Affaire à suivre et bon courage à celles qui déménagent cette année !